… Et rejoindre San Francisco en longeant Big Sur, un décor à l’état sauvage

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Il manque quelques étapes au récit de notre road-trip américain mais l’essentiel est là, relaté au fil de plusieurs articles et d’un travel diary. Le voyage de toutes les espérances, le voyage de la multiplicité de décors, le voyage de l’émerveillement. Une fois notre séjour à Los Angeles arrivé à son terme, nous avons entrepris de rejoindre San Francisco par la côte californienne et une rencontre insoupçonnée a eu lieu : celle avec Big Sur.

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Une multitude de falaises qui se précipite dans l’océan. Le tout délicatement noyé au loin dans une mystérieuse brume. On se croirait en Irlande ou en Angleterre. Les Etats-Unis et toutes les images préconçues que notre esprit a enregistrées s’estompent. Les palmiers ont laissé place à une végétation dense, les postes de secours colorés à des roches abruptes, les routes longilignes à des lacets sinueux.

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Le vent baigne le paysage d’une effluve iodée. On écarquille les yeux pour saisir chaque millimètre de cette nature sauvage. Et dire que deux jours auparavant, on marchait sur Santa Monica, fête foraine, plage au sable doré et surfeurs en guise de toile de fond. Peu de touristes sur la route et l’impression de découvrir une terre inconnue.

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On marque un arrêt à Carmel pour observer les loups de mer. On pourrait presque les manquer. Allongés sur le sable, ils semblent se confondre avec les rochers. On hume une dernière fois l’air marin, on jette un ultime regard sur ces falaises dentelées et on met les voiles : direction San Francisco. 

Cookies banane, flocons d’avoine & chocolat 85% de cacao

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Un petit peu de nourriture légère par ici. Je te propose une recette ultra rapide, ultra facile, ultra saine pour ton goûter ou ton petit-déjeuner. Ces cookies sont gourmands et, en plus, ils sont  diététiques ! De quoi se faire plaisir en gardant l’esprit tranquille. C’est parti ! Il te faut : 

  • 2 bananes bien mûres 
  • 100 g de flocons d’avoine 
  • 4 carrés de chocolat 85% de cacao (ou chocolat au choix) 

Prechauffer le four à 180•. Mixer les bananes et l’avoine. Ajouter le chocolat coupé en petits morceaux. Former des cookies sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé. Enfourner pour 30-35 minutes. 

Temps de flores à Gérone | édition 2017

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L’année dernière, je t’avais déjà propulsé dans un monde où l’art floral est roi (article ici) Girona fête les fleurs, durant une semaine, chaque mois de mai et, mercredi, nous n’avons pas pu résister à l’envie de parcourir, à nouveau, les jolies rues parsemées de fleurs de la cité catalane. Les créations étaient loin d’être aussi riches et impressionnantes que l’année passée mais la promenade s’est, tout de même, avérée, extrêmement agréable.

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De la cathédrale Sainte-Marie à l’église Saint-Félix, les rues sont habillées de décorations florales. Un petit détail. Une imposante composition. Du blanc, du bleu, du jaune, du rose, du rouge. Les couleurs se succèdent et se marient avec les tonalités des immeubles et des maisons.

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Quelques petits coups de cœur aperçus pendant ma balade  : ♥ les grands miroirs placés sur les marches de la cathédrale ; ♥ les fleurs suspendues virevoltant à chaque souffle du vent ; ♥ la revisite du conte « Le Petit chaperon rouge » ; ♥ les guirlandes accrochées deçà delà aux façades colorées.

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Et puis, pour finir, une merveille adresse à découvrir Martina Sweet Cakes. Un subtil mélange entre déco pastel et esprit un brin scandinave. Des cupcakes, des jus de fruits frais & de quoi manger sur le pouce. 

 

Cake marbré au yaourt de soja & pâte à tartiner pétillante

Ce gâteau a été l’occasion de tester la pâte à tartiner lait noisettes pétillante du Comptoir de Mathilde achetée dans la boutique Gourmandine à Perpignan. Un vrai régal ! La cuisson ôte le côté pétillant mais pour le retrouver rien de plus simple : ajouter un glaçage en recouvrant le gâteau de pâte à tartiner. Un joli goûter en perspective ! C’est parti ! Il te faut : 

  • 1 yaourt de soja 
  • 80 g de pâte à tartiner 
  • 3 oeufs
  • 200 g de farine 
  • 1 sachet de levure chimique 
  • 80 g de sucre 
  • 40 g d’huile de tournesol

Préchauffer le four à 180°. Battre les oeufs et le sucre. Ajouter le yaourt, la farine, l’huile et la levure chimique. Verser la pâte dans un moule à cake recouvert de papier cuisson. Déposer la pâte à tartiner sur le gâteau et effectuer des mouvements avec un couteau afin de créer des marbrures. Enfourner 35 minutes. 

Relire Charlotte de David Foenkinos et pleurer à nouveau

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Relire Charlotte.

Redécouvrir cette incroyable destinée et se souvenir de cet engouement intense éprouvé deux ans plus tôt lorsque le roman biographique de David Foenkinos s’est dévoilé à moi pour la première fois. Quand on lit Charlotte, on découvre une existence broyée par l’hérédité et par l’Histoire. Mais pour comprendre Charlotte Salomon, talentueuse peintre allemande, il faut comprendre qu’il existe une première Charlotte qui met fin à sa vie et qui ne laisse que peu de chance à la deuxième qui portera comme un fardeau ce prénom. Presque tous les êtres qui entourent la Charlotte, qui nous intéresse, vont faire le choix de la mort. Malgré les difficultés, elle, elle penchera hésitante vers la vie mais c’est le monde qui lui imposera une funeste fin. Elle est juive et vit à Berlin alors que la haine régit l’Allemagne. Après avoir vécu un amour qui influencera fortement ses dessins, elle est contrainte de trouver refuge dans le sud de la France auprès de ses grands-parents où elle pense échapper au nazisme et à sa bestialité. Quelques temps avant d’être arrêtée, elle remet ses esquisses à son médecin et lui déclare :  » C’est toute ma vie ». Elle meurt, gazée, enceinte de 5 mois. 

Le fond et la forme. La formule est célèbre. Alors que dire de la forme de ce roman ? Elle a été décriée par bon nombre de critiques littéraires mais personnellement je suis très sensible à la typographie choisie par David Foenkinos. Le retour fréquent à la ligne accentue la poésie de la narration. Il l’intensifie. Notre regard s’arrête sur la phrase, sur le mot qui constitue le vers. Nous n’avons pas d’autres choix que de marquer des pauses dans notre lecture, de prendre pleinement conscience du sens des mots, de leurs sous-entendus, de leurs forces. Le fond rejoint la forme. Quelle vie que celle de Charlotte ! Tragique sans conteste. Poursuivie par un fatum irrémédiable. On ne cesse d’espérer que la fureur d’Hitler ne pourra atteindre et engloutir Charlotte. Mais l’horreur gagne le roman et le monde. 

 

La file avance lentement.

Que faut-il dire ?

Quelles sont les bonnes réponses ?

Charlotte veut expliquer que c’est une erreur.

Elle n’est pas juive.

Cela se voit qu’elle n’est pas juive.

Et puis, elle est enceinte de cinq mois.

Il faut qu’elle se repose dans une clinique.

Ils ne vont pas la laisser comme ça.

C’est à son tour, maintenant.

Finalement, elle ne dit rien.

Un homme lui parle sans même la regarder.

Il lui demande son nom et son prénom.

Sa date de naissance.

Puis, il lui demande ce qu’elle fait comme travail.

Elle répond : dessinatrice.

Il lève alors les yeux, avec mépris.

C’est quoi, dessinatrice ?

Je suis peintre, dit-elle.

En la fixant, il remarque enfin qu’elle est enceinte.

Il lui demande si elle attend un bébé.

Elle hoche la tête.

L’homme n’est ni aimable ni désagréable.

Il prend note de l’information avec banalité.

Et tamponne brutalement sa fiche.

Il indique ensuite à Charlotte le groupe qu’elle doit rejoindre.

Un groupe avec de nombreuses femmes, essentiellement.

Elle avance doucement avec sa valise.

En jetant régulièrement des regards vers Alexander.

C’est à son tour maintenant.

Cela dure moins longtemps.

On lui dit de rejoindre un groupe à l’opposé de celui de sa femme.

Il la cherche du regard en marchant.

Quand il la voit, il lui adresse un petit signe de la main.

Quelques mètres plus tard, il est avalé par la brume.

Charlotte le perd.

Moins de trois mois plus tard, il mourra d’épuisement.

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Sur le bâtiment, on peut lire qu’on va prendre une douche.

Avant de pénétrer dans les bains, chacun se déshabille.

Il faut mettre ses vêtements sur un crochet.

Une gardienne s’époumone.

Surtout, retenez bien le numéro de votre porte-manteau.

Les femmes mémorisent ce numéro ultime.

Et entrent dans l’immense salle.

Certaines se tiennent la main.

On ferme alors les portes à double tour, comme dans une prison.

La nudité sous une lumière glacée creuse les corps.

On remarque Charlotte avec son ventre.

Au milieu des autres, elle ne bouge pas.

Elle semble s’extraire du moment.

Pour être là.

Relire Charlotte de David Foenkinos et pleurer à nouveau.