Toute la lumière que nous ne pouvons voir d’Anthony Doerr | Prix Pulitzer

Toute la lumière que nous ne pouvons voir. La beauté du titre laissait présager, déjà, de la beauté du roman. La lumière, Marie-Laure, ne peut, hélas, pas la voir. Jeune aveugle, elle vit avec son père à Paris dans une France qui s’apprête à collaborer. Elle n’est pas seule à occuper la narration puisque le lecteur suit un second personnage qui se trouve dans un pays voisin : Werner , un orphelin allemand, génie des transmissions électromagnétiques. Tandis que l’occupation va forcer Marie-Laure à se réfugier à Saint Malo, le Troisième Reich va exploiter les talents de Warner pour briser la résistance. Aussi improbable que ce soit, les deux protagonistes vont se croiser à l’aube de la Libération.

Il y a dans l’écriture d’Anthony Doerr une beauté qui tient à la fois à sa capacité à nous transporter dans le passé, à raconter des heures sombres de notre Histoire mais également à retranscrire les instants de clarté qui ont point durant la guerre. Ce livre est, sans conteste, une lecture à côté de laquelle il ne faut passer. 

« La fille 

En haut d’une maison étroite, au 4, rue Vauborel, cinquième et dernier étage, une jeune aveugle de seize ans, Marie Laure Leblanc, s’agenouille au dessus d’une table entièrement occupée par une maquette. C’est la cité de Saint Malo avec ses centaines de maisons, boutiques et hôtels particuliers comprises dans ses murs. il y a la cathédrâle et sa flèche ajourée, le château fort, les rangées de demeures hérissées de cheminées. Une fine jetée en bois s’arrondit autour de la plage du Môle, une délicate verrière octogonale coiffe la halle aux poissons, des bancs minuscules, certains pas plus gros que des pépins de pomme, parsèment les jardins publics. Du bout des doigts, elle effleure le parapet qui couronne les remparts, dessinant une irrgulière forme en étoile tout autour de la maquette. Voilà l’esplanade en haut des murs où quatre couleuvrines sont pointées vers le ciel. « Bastion de la Hollande », murmure-t-elle et ses doigts descendent quelques marches. « Rue des Cordiers. rue Saint Jacques Cartier. […] Pendant toute la nuit, elle s’est promenée à travers cette maquette, attendant son grand-oncle Etienne qui est sorti la veille tandis qu’elle dormait et au n’est pas rentré. Maintenant il fait nuit de nouveau, l’aiguille a fait le tour du cadran, tout le quartier est calme et elle ne parvient pas à dormir. Elle commence à entendre les bombardiers au moment où ils ne sont plus qu’à cinq kilomètres. un bruit de fond qui augmente. la rumeur dans un coquillage. » 

8 commentaires sur « Toute la lumière que nous ne pouvons voir d’Anthony Doerr | Prix Pulitzer »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s