BOOK

La goûteuse d’Hitler, Rosella Postorino

En 1943, Hitler fait recruter des goûteuses, certain que l’on cherche à l’empoisonner. Si elles sont plusieurs à prendre place dans le réfectoire de Krausendorf, à redouter la mort chaque fois qu’elles portent une cuillerée à leur bouche, le roman suit, en particulier, l’histoire de Rosa. Originaire de Berlin, elle vit avec ses beaux-parents en Prusse Orientale alors que son mari Gregor est au front. Malmenée au début par les autres femmes, Rosa va finir par se faire une place parmi les goûteuses et nous fait part de leurs actes et de leurs secrets.

Les avis à propos de ce roman étaient dithyrambiques. J’avoue, ainsi, avoir beaucoup espéré de ce livre. La narration est bien menée, les héroïnes prennent des décisions qui montrent justement à quel point la frontière entre le bien et le mal est poreuse, surtout dans cette période particulière. Pourtant, je m’attendais à autre chose. J’ai apprécié ma lecture mais mon enthousiasme reste mesuré. Les personnages des beaux-parents sont, sans doute, ceux que j’ai trouvés les plus attachants. Pour les autres, l’histoire s’intéresse parfois à eux mais il manque des détails, l’accès à leurs pensées est trop restreint alors qu’il aurait été, d’après moi, utile. Un roman que je recommande de lire, ne serait-ce parce qu’il est inspiré de l’histoire vraie de Margot Wölk, mais qui n’est pas à la hauteur des critiques exagérément élogieuses

« Nous sommes entrées une par une. Après plusieurs heures en attente debout dans le couloir, nous avions besoin de nous asseoir. La pièce était grande avec des murs blancs. Au centre, une grande table en bois déjà dressée pour nous. Ils nous ont fait signe de nous y installer. Je me suis assise et j’ai croisé les mains sur mon ventre. Devant moi, une assiette en porcelaine blanche. J’avais faim. Les autres femmes avaient pris place sans bruit. Nous étions dix […] A onze heures, nous étions déjà affamées. Mais cela ne tenait pas à l’air de la campagne, au voyage en autocar. Ce trou dans l’estomac, c’était de la peur. »

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *