Etre happée par Plonger de Christophe Ono-dit-Biot

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« Ils l’ont retrouvée comme ça. Nue et morte. Sur la plage d’un pays arabe. Avec le sel qui faisait des cristaux sur sa peau. Une provocation. Une exhortation. A écrire ce livre, pour toi, mon fils. »

Premiers mots, première page du roman de Christophe Ono-dit-Biot. Et l’envie folle de poursuivre ma lecture. J’ai aimé, je dirai même mieux, me risquant à un jeu de mots bien simpliste pour un livre qui ne l’est pas, j’ai plongé sans hésiter une seule seconde dans l’intrigue saisissante que Christophe Ono-dit-Biot tisse habillement. Une histoire d’amour et pourtant rien de poncif dans ce roman. César croise Paz. Il est envouté. Ils s’aiment follement. Mais elle rêve d’ailleurs, de terres éloignées de l’Europe alors que lui, ayant déjà foulé des sols lointains, n’aspire qu’à parcourir le continent qui est le sien. Elle étouffe. Elle part. Elle quitte César et leur fils Hector. Son corps est retrouvé, inerte. Le narrateur personnage va alors devoir atteindre l’un des pays qu’il s’était refusé de rejoindre pour découvrir les raisons pour lesquelles sa femme lui a été enlevée. 

Le récit est haletant. La tension perpétuelle qui unit puis désunit Paz et César est vraiment une qualité de ce roman. On ne sait quel parti prendre. Paz est une femme  tourmentée, insatisfaite, qui ne demande qu’à découvrir le monde et on peut avoir tendance à reprocher à César son entêtement à lui refuser cette envie. Cependant, les tentatives désespérées de cet homme pour sauver son couple et garder auprès de lui l’être qu’il adore en font un personnage pour qui le lecteur ne va cesser de nourrir une profonde empathie. L’écriture, enfin, les références à Homère, les notes hispaniques donnent à ce livre un charme inextricable. 

Tout a commencé avec ta naissance. pour toi. Tout a fini avec ta naissance. Pour nous. Moi, ton père. Elle, ta mère. Ta vie fut notre mort. La mort de ce nous, cette entité de chair et d’âme qui avait présidé à ta naissance : un homme et une femme qui s’aimaient. je ne peux te donner que ma vérité. imparfaite, partiale, mais comment faire autrement ? Il manquera toujours sa vérité à elle, sa version des faits, son ressenti, son timbre de voix si elle pouvait encore te parler, ses gestes, son style, si elle avait choisi de t’écrire. Mais que je sache, concerna l’ultime période de sa vie, elle n’a laissé aucune bande, aucun enregistrement, ni lettre, ni cahier. Rien mais c’est peut-être déjà beaucoup, que ces tableaux cousus de fil bleu. dans la profondeur desquels il faudra un jour que tu lises. Je l’ai aimée et je l’ai détestée, ta mère, autant être franc avec roi. Même si ça ne te regarde pas, le couple qu’on a été. Le couple, c’est la guerre, tu verras quand tu seras amoureux.